Le passage de 22 à 13 régions concerne la France métropolitaine. La réforme territoriale adoptée en 2015 a regroupé plusieurs régions existantes afin de créer des ensembles plus vastes, capables de porter des politiques économiques, de transport et d’aménagement à une échelle élargie. Le nouveau découpage s’applique au 1er janvier 2016.
La baisse de neuf régions résulte de sept fusions. La France compte toutefois 18 régions au total lorsque les cinq régions ultramarines sont incluses, tandis que les départements et les communes ont été conservés. La réforme a donc transformé la carte régionale sans supprimer les autres niveaux de collectivités.
Table des matières
L’important
🗺️ La France métropolitaine compte 13 régions depuis le 1er janvier 2016, contre 22 avant la réforme.
🔎 Sept regroupements expliquent cette réduction : deux fusions réunissent trois anciennes régions et cinq en réunissent deux.
🏛️ Les départements et les communes ont été maintenus : le redécoupage a porté sur l’échelon régional.
📌 Le bilan financier reste discuté : les économies annoncées n’étaient pas automatiques et les rapprochements ont aussi engendré des coûts de transition.
De 22 à 13 régions métropolitaines : ce qui a changé le 1er janvier 2016
Ainsi, la réforme territoriale de 2015 a ramené de 22 à 13 le nombre de régions administratives de France métropolitaine. La loi du 16 janvier 2015 a fixé la nouvelle carte régionale, dont la mise en place effective intervient au 1er janvier 2016. Le décompte de 13 ne concerne donc que la métropole.
La France métropolitaine comptait 22 régions avant 2016.
La loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et à la modification du calendrier électoral a organisé le nouveau découpage. Le texte a regroupé des collectivités régionales existantes dans des périmètres plus larges. Les départements, les communes et leurs établissements intercommunaux ont continué d’exister dans la nouvelle organisation territoriale.
Or, le chiffre de 13 ne décrit pas toute la France. L’Insee et les services de l’État distinguent 13 régions métropolitaines et 5 régions d’outre-mer, soit 18 régions pour la France entière. La Corse figure dans le décompte géographique usuel des 13 régions métropolitaines, même si son organisation institutionnelle possède un statut particulier.
Une réforme territoriale inscrite dans un calendrier précis
Le calendrier commence par l’annonce d’un projet de réforme territoriale en 2014, puis se poursuit avec l’adoption et la promulgation de la loi du 16 janvier 2015. Les nouveaux périmètres régionaux deviennent applicables au 1er janvier 2016, avant une évolution institutionnelle spécifique en Corse au 1er janvier 2018.
| Étape | Date | Effet |
|---|---|---|
| Annonce du projet territorial | 2014 | Ouverture du processus de redécoupage |
| Loi relative à la délimitation des régions | 16 janvier 2015 | Fixation de la nouvelle carte régionale |
| Application des nouveaux périmètres | 1er janvier 2016 | Passage administratif de 22 à 13 régions métropolitaines |
| Création de la Collectivité de Corse | 1er janvier 2018 | Évolution du statut institutionnel de la Corse |
La date de référence à retenir est le 1er janvier 2016.
La distinction entre l’entrée en vigueur du découpage et les étapes institutionnelles ultérieures évite une confusion fréquente. La Collectivité de Corse créée en 2018 n’a pas augmenté ni réduit le total géographique de 13 régions métropolitaines. Les dates et le contenu de la loi peuvent être vérifiés sur Légifrance et dans les ressources de l’Insee.
Quelles régions ont fusionné dans la nouvelle carte ?
Cependant, les 13 régions actuelles ne proviennent pas toutes d’une fusion. Sept regroupements expliquent la réduction de neuf régions : le Grand Est et la Nouvelle-Aquitaine réunissent trois anciennes régions, tandis que cinq autres ensembles résultent du rapprochement de deux régions.

Les régions fusionnées ont conservé leurs départements, tout en partageant désormais une collectivité régionale plus étendue.
| Nouvelle région | Anciennes régions regroupées | Type de changement |
|---|---|---|
| Grand Est | Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine | Fusion de trois régions |
| Nouvelle-Aquitaine | Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes | Fusion de trois régions |
| Auvergne-Rhône-Alpes | Auvergne, Rhône-Alpes | Fusion de deux régions |
| Bourgogne-Franche-Comté | Bourgogne, Franche-Comté | Fusion de deux régions |
| Hauts-de-France | Nord-Pas-de-Calais, Picardie | Fusion de deux régions |
| Normandie | Basse-Normandie, Haute-Normandie | Fusion de deux régions |
| Occitanie | Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées | Fusion de deux régions |
| Bretagne | Bretagne | Périmètre conservé |
| Centre-Val de Loire | Centre | Périmètre conservé |
| Île-de-France | Île-de-France | Périmètre conservé |
| Pays de la Loire | Pays de la Loire | Périmètre conservé |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | Provence-Alpes-Côte d’Azur | Périmètre conservé |
Les 13 régions métropolitaines issues de la réforme sont : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Corse, Grand Est, Hauts-de-France, Île-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Les noms provisoires utilisés lors de la transition ont ensuite été remplacés par les dénominations définitives, notamment Grand Est, Hauts-de-France et Occitanie. Cette étape compte pour comprendre la nouvelle carte des régions : un nom régional peut changer sans que les départements qui le composent disparaissent.
Pourquoi le gouvernement a voulu fusionner les régions
Or, le gouvernement présente la fusion des régions comme un moyen de donner davantage de poids aux collectivités régionales. Des territoires plus vastes devaient faciliter la coordination des politiques économiques, des transports, de la formation et de l’aménagement, tout en améliorant la lisibilité de l’action publique auprès des entreprises et des partenaires européens.
Le raisonnement politique reposait sur la recherche d’une taille critique.
Une grande région peut réunir plusieurs bassins d’emploi, réseaux de transport et pôles universitaires dans une stratégie commune. L’objectif était aussi de rapprocher l’échelle régionale des réalités économiques qui dépassent souvent les frontières des anciennes régions. Le gouvernement évoquait enfin une mutualisation de fonctions administratives, comme les achats, les systèmes d’information et certains services supports.
Pourtant, une collectivité plus étendue ne produit pas mécaniquement des économies. Le rapprochement des administrations impose d’harmoniser les procédures, les outils numériques, les régimes indemnitaires et les dispositifs d’aide, avec des dépenses de transition possibles. La loi NOTRe du 7 août 2015 a accompagné cette évolution en renforçant le rôle des régions dans le développement économique, les transports, la formation professionnelle et l’aménagement du territoire.
La loi NOTRe a élargi le rôle stratégique des régions.
La réforme poursuivait donc deux ambitions liées : renforcer l’échelon régional et clarifier la répartition des compétences. Les départements et les communes ont toutefois conservé leurs responsabilités, ce qui limite toute présentation de la réforme comme une simplification totale de l’administration française.
Des régions plus grandes pour porter des politiques à grande échelle
Les nouvelles régions devaient disposer d’un territoire, d’un budget et d’un champ d’intervention suffisants pour élaborer des stratégies économiques et d’infrastructures plus cohérentes. La taille régionale pouvait aussi faciliter la gestion de fonds européens et la coordination de projets dépassant une seule agglomération.
Mais la superficie ne suffit pas à améliorer un service.
La qualité d’une politique régionale dépend également de ses moyens, de ses priorités et de sa capacité à rester accessible aux territoires éloignés du siège administratif. L’agrandissement des périmètres a donc créé une possibilité de pilotage à grande échelle, pas une garantie automatique de résultat.
Simplifier l’organisation publique sans promettre une baisse automatique des dépenses
La fusion devait permettre de supprimer certains doublons et de mutualiser des fonctions, tout en conservant plusieurs niveaux de collectivités. Dans la pratique, les coûts de rapprochement, les déménagements éventuels et l’harmonisation des dispositifs ont rendu le bilan budgétaire plus complexe qu’une simple soustraction de régions.
Dans ce cas, parler d’économies garanties est une erreur.
Ce que les fusions ont changé dans l’organisation des territoires
Et les changements les plus concrets concernent la gouvernance régionale : conseils régionaux, exécutifs, administrations et politiques publiques ont été réorganisés sur de nouveaux périmètres. Chaque région possède un chef-lieu, tandis que certains services restent répartis entre plusieurs villes afin de préserver des équilibres territoriaux.
Les anciennes capitales régionales n’ont pas toutes perdu leurs fonctions.
La réorganisation a demandé une harmonisation des aides, des outils numériques et des pratiques internes. Les habitants peuvent surtout observer les effets dans les transports régionaux, les lycées, la formation professionnelle, l’orientation et l’accompagnement économique. Une région agrandie peut coordonner davantage de territoires, tout en augmentant la distance géographique entre certaines zones rurales et l’institution régionale.
Chefs-lieux et administrations : une centralisation partielle
Le chef-lieu organise le siège institutionnel de la préfecture de région et du conseil régional, tandis que la répartition des services peut maintenir plusieurs pôles administratifs. Cette organisation cherche à éviter qu’une seule métropole concentre toutes les fonctions après la fusion.
La centralisation administrative est donc restée partielle.
Le choix des implantations a constitué un enjeu pratique et politique, notamment dans les ensembles issus de trois anciennes régions. Les administrations ont dû rapprocher leurs calendriers, leurs logiciels et leurs règles de fonctionnement, ce qui explique une partie des coûts de transition.
Des compétences régionales exercées sur un périmètre élargi
Les régions interviennent notamment dans les transports régionaux, les lycées, la formation professionnelle, l’orientation, le développement économique et l’aménagement. Après 2016, ces compétences sont exercées sur des territoires plus vastes, avec des écarts importants entre les bassins urbains, industriels, ruraux et littoraux.
La distance administrative peut devenir un enjeu local.
Un périmètre plus large facilite certaines coordinations, comme une stratégie ferroviaire ou un schéma économique régional, mais il ne règle pas automatiquement les difficultés d’accès aux services. Le résultat dépend de la manière dont la région organise ses antennes, ses transports et ses dispositifs d’accompagnement.
Le bilan de la réforme : des effets réels, des résultats encore discutés
Pourtant, le bilan de la réforme doit séparer trois niveaux : le résultat institutionnel, les objectifs politiques et les effets financiers ou territoriaux. Le passage de 22 à 13 régions est acquis, tandis que la puissance supplémentaire et les économies attendues restent plus difficiles à mesurer, car elles dépendent des politiques conduites après la fusion.

La carte a changé durablement.
Les régions fusionnées disposent désormais de périmètres et de champs d’intervention plus larges. Elles peuvent construire des stratégies à l’échelle de grands ensembles économiques et de mobilité. Cette capacité constitue un effet institutionnel concret de la réforme, même si elle ne permet pas à elle seule d’évaluer l’efficacité des politiques publiques menées depuis 2016.
Les économies d’échelle annoncées sont difficiles à isoler. Les dépenses de convergence administrative peuvent intervenir au même moment que les mutualisations, tandis que la suppression d’un doublon ne signifie pas forcément la fermeture immédiate d’un site ou la disparition d’un service. L’évolution des compétences, des budgets et des priorités régionales influence également le résultat observé.
« Les fusions régionales ont automatiquement réduit les dépenses publiques » : cette idée reçue résiste mal à l’examen des coûts de réorganisation et au maintien de plusieurs niveaux de collectivités. Les critiques portent aussi sur l’éloignement des centres de décision, la place des identités historiques et l’hétérogénéité de certains ensembles, comme le Grand Est ou la Nouvelle-Aquitaine.
Ce que la réforme a effectivement permis
La réforme a produit une nouvelle carte métropolitaine de 13 régions, organisé des collectivités régionales plus étendues et accompagné un renforcement de leurs responsabilités stratégiques. Ces résultats institutionnels sont directement observables dans les périmètres et les compétences attribués depuis 2016.
Le changement de carte est incontestable.
La mesure des effets sur l’emploi, l’investissement, les transports ou les dépenses publiques demande une analyse distincte, conduite sur plusieurs années et à partir de données comparables. Une simple comparaison du nombre de régions ne suffit donc pas à établir un bilan économique complet.
Pourquoi les économies et la simplification restent débattues
La coexistence des régions, départements, intercommunalités et communes limite l’idée d’une simplification purement arithmétique. Le nombre de régions a baissé, tandis que l’organisation publique conserve plusieurs échelons et que les anciennes implantations administratives n’ont pas toutes disparu.
Ne confondez pas réduction du nombre de régions et disparition des collectivités locales.
Le bilan territorial reste ainsi nuancé : la réforme a renforcé l’échelle régionale, tout en créant des ensembles plus hétérogènes et parfois plus éloignés des habitants. Pour juger les économies, il faut consulter les évaluations budgétaires et les rapports publics concernés, plutôt que déduire un résultat du seul passage de 22 à 13.
Vos questions
Pourquoi la France est-elle passée de 22 à 13 régions métropolitaines ?
La réforme visait à créer des régions plus grandes, capables de coordonner plus facilement les politiques économiques, les transports, la formation et l’aménagement. Le gouvernement recherchait aussi une meilleure visibilité auprès des entreprises et des partenaires européens, ainsi qu’une mutualisation de certaines fonctions administratives.
À quelle date le nouveau découpage régional est-il entré en vigueur ?
Le nouveau découpage des régions métropolitaines s’applique au 1er janvier 2016. La loi relative à la délimitation des régions a été promulguée le 16 janvier 2015. La transformation institutionnelle de la Corse en Collectivité de Corse intervient ensuite, au 1er janvier 2018.
Quelles anciennes régions ont fusionné en 2016 ?
Les sept fusions sont les suivantes : Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine dans le Grand Est ; Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes en Nouvelle-Aquitaine ; Auvergne et Rhône-Alpes en Auvergne-Rhône-Alpes ; Bourgogne et Franche-Comté en Bourgogne-Franche-Comté ; Nord-Pas-de-Calais et Picardie dans les Hauts-de-France ; Basse-Normandie et Haute-Normandie en Normandie ; Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées en Occitanie.
La réforme territoriale a-t-elle supprimé les départements, et combien la France compte-t-elle de régions avec l’outre-mer ?
La réforme régionale n’a supprimé ni les départements ni les communes. La France compte 18 régions au total : 13 en métropole et 5 en outre-mer. Le chiffre de 13 doit donc être réservé au périmètre métropolitain.
La Corse fait-elle partie des 13 régions métropolitaines et la réforme a-t-elle permis des économies ?
La Corse figure dans le décompte géographique usuel des 13 régions métropolitaines, avec un statut institutionnel particulier. Les économies n’étaient pas garanties : les mutualisations pouvaient réduire certains doublons, tandis que l’harmonisation des administrations et des procédures a aussi généré des coûts de transition. Le bilan financier complet reste à apprécier à partir des évaluations publiques disponibles.
Le passage de 22 à 13 régions métropolitaines a donc bien transformé la carte institutionnelle française, tandis que ses promesses de puissance et de simplification doivent être distinguées d’un bilan financier et territorial plus nuancé.


